CATERINA SAGNA
--

CARLOTTA SAGNA
--

Nuda Vita


Les corps qui parlent

Ils sont quatre danseurs comédiens sur scènes, trois femmes et un homme. On découvre au fur à mesure qu’ils sont frères et sœurs. Ils sont grands maintenant. Ils ont des choses à se dire, douloureuses, car il s’agit de secrets familiaux que l’un veut partager mais que les trois autres ne veulent pas ou plus entendre. Une fratrie.

Pendant une heure, leurs corps bougent gracieusement ou brutalement, se frôlent ou se heurtent, se lovent, ou se laissent traîner et parfois des rires ou des mots ironiques ou douloureux sortent de leurs bouches... Tel est Nuda Vita, un spectacle éblouissant de Caterina et Carlotta Sagna.

Soudain l’un d’eux dit « Qui a parlé ? » alors que personne n’a ouvert la bouche, mais leurs corps en disent tant que la question n’a rien d’absurde, et va très au-delà de son effet comique. À un autre moment, trois dansent tandis que la quatrième erre sur scène, maladroitement, comme dans ces moments de grande solitude où en famille, on se sent au milieu de rien. Ce spectacle vaut bien des thérapies familiales. Il faudrait tous apprendre à danser...

Toutes ces discussions familiales ou entre amis, ou le sujet est tel que parler est si difficile que parfois on se tait, ou écouter est souvent héroïque, si au lieu de se dire des mots, on se disait des mouvements... Oui, il faudrait que tous, on apprenne à danser, pas avec les loups, non sans blague, il faudrait qu’on se parle aussi souvent que possible avec nos corps.

Les seuls corps qui parlent sont ceux des danseurs, des boxeurs, des coureurs, des nageurs, ou des handicapés, là où l’impossibilité de bouger rappelle aux autres l’essentiel d’un geste...

Nuda Vita a été joué au Théâtre de la Bastille jusqu’au 25 novembre. Mais ce spectacle magnifique part en tournée (1). Donc les corps vont reparler. C'est la poudre parfois qu'on fait parler, tant la violence devient grande quand la langue est inadapée pour se comprendre. Ce spectacle ouvre une autre voie, la voix du corps...

Bruno DE BAECQUE - novembre 2010 - blog: www.agitateur-idees.fr

L’exclusion

Nous sommes tous construits sur un même moule et sommes tous imprégnés par le milieu dans lequel nous avons grandi. Nécessairement, ceux et celles qui n’ont pas reçu la même éducation nous regardent de travers, et réciproquement. Même si les affinités rassemblent au départ les hommes, il arrive un moment où les liens se brisent : surviennent alors la séparation puis l’exclusion.
Ce propos n’était pas forcément très apparent dans la dernière création de Caterina et Carlotta Sagna, si bien qu’une partie des spectateurs a été un peu déroutée par Nuda Vita. Cependant, à bien y réfléchir, tous les éléments y étaient, mais pas nécessairement dans un ordre cartésien, le texte étant fragmenté par plusieurs flash-back, d’où la contrainte, pour le public d’effectuer de nombreux sauts dans le temps. Il faut se souvenir en effet que Carlotta a débuté sa carrière comme comédienne - art qu’elle a pratiqué pendant douze ans- avant de la poursuivre comme chorégraphe. Toutes les pièces de Caterina, d’ailleurs, ont pour base une œuvre littéraire et, lorsqu’elle danse, son corps joue toujours en même temps.
Cela dit, si c’est peut-être la première fois où le texte est aussi prégnant dans leurs pièces, la danse le complète et le renforce admirablement. Au début de l’œuvre, l’entente entre les quatre personnages est parfaite. Les liens entre eux sont puissants, allant de la complicité à un amour quasi-maternel. Des images très fortes comme celle de cette jeune fille qui s’accroche successivement aux trois autres comme un bébé singe à sa mère, avant de tomber à terre et d’être foulée aux pieds par ses congénères comme un cadavre. Ce qui en dit long sur la nature des sentiments et de certains états d’esprit de l’Homme vis à vis de l’autre, des autres… On ne sait d’ailleurs rien sur ces quatre personnages : sont-ce des amis, des complices, des frères, des amants ? Peu importe. Ils vivent ensemble dans un microcosme, excluant le reste du monde et semblent partager, du moins au début, les mêmes idées et les mêmes sentiments. Lesquels ne sont pas toujours tendres et peuvent engendrer des actes aussi atroces que le meurtre de la fille des voisins… Mais toutes ces pensées, tous ces actes ne sont-ils pas le fruit des préceptes inculqués par nos parents ou grands parents notamment ?
Textes - souvent très crus, voire décapants - et danse, elle-même très violente, s’interpénètrent et se complètent parfaitement. Si cette satire décrit des situations extrêmes, notamment celle d’éliminer les êtres hors norme, la danse qui les accompagne et les enrichit, caractérisée par de petits gestes rapides et nerveux, n’est jamais esthétique, mais profondément ressentie et à la limite de la caricature, le propos étant réellement vécu par le corps. Et, finalement, elle s’avère tout aussi dérangeante. N’était-ce pas précisément le but poursuivi par leurs auteurs ?

J.M. Gourreau - novembre 2010 - Blog : http://critiphotodanse.e-monsite.com


Par Véronique Klein - Médiapart - lundi 22 novembre 2010

Ils sont quatre, trois femmes et un homme sur le plateau nu où seul brille un carré de lumière qui change de couleur au fur et à mesure du spectacle. C’est dans ce carré minuscule perdu sur la scène du théâtre de la Bastille que les corps glissent, se frottent, viennent échouer au gré des histoires cruelles racontées par cette drôle de famille. Trois sœurs, et leur cousin, le garçon du lycée, le frère, l’amant ? On ne sait pas et ça n’est pas très important. Une sale odeur flotte sur le plateau, une odeur de cadavre ? Il y a peut-être eu un meurtre ? Avec éclats de rires et jeux d’enfants, ils distillent quelques informations où il est question d’atrocités, dont on ne sait pas tellement la part fantastique ou réelle. Le tout est enveloppé par le son d’Arnaud Sallé qui contribue à nous plonger dans un monde où la Comtesse de Ségur veillerait. 
Il faut laisser toute idée de compréhension narrative à l’entrée de la salle pour pleinement se laisser happer par le petit monde cruel des sœurs Sagna. Carlotta et Catarina sont de vraies sœurs à la ville. La danse est une histoire de famille, enfants, elles apparaissaient ensemble dans les spectacles de leur mère Anna Sagna. Elles ont pour sûr puisé dans les souvenirs d’enfance pour créer « Nuda Vita » qui est aussi l’acte fondateur de leur toute nouvelle compagnie. Toutes deux ont participé à l’éclosion d’une danse qui depuis les années 90 mêle mouvement et parole. Carlotta a longtemps travaillé avec le Belge Jan Lauwers avant de créer ses propres spectacles. Catarina a fondé sa compagnie à la fin des années 80 et s’est inspirée d’ouvrages tels que les soeurs Brontë. 
Dans « Nuda Vita », La danse n’illustre pas le texte et vice-versa, ils cohabitent sans forcément se répondre. Toujours surprenante, Tijen Lawto que l’on a pu voir dans les spectacles de la Need Company déploie son énergie animale. Elle  se roule en boule pour se détendre en un instant à la vitesse du chat. Carlotta Sagna découpe l’espace de ses bras sans fins, elle a cette inimitable manière d'être toujours décalée, à côté de la plaque qui lui confère une gravité burlesque.

Chacun va se trouver exclu de cette petite société, l’apparente légèreté cache les blessures de l’enfance. Alessandro Bernardeschi l’homme du groupe, est souvent malmené. Les filles se moquent de sa virilité, lui clouent le bec dès qu’il évoque une relation particulière avec l’une ou l’autre, ses solos nerveux  donnent la mesure de sa détresse. Catarina Sagna joue les aînées et mène la danse, mi-gouvernante, mi-peste. Elle injecte une  dose d’absurdité et d’humour qui embarquent toutes les réticences.

articleMondeSelection.jpg

Rosita Boisseau 
Le Monde, 
jeudi 9 septembre 2010

C'est même pas vrai

DanserMPMai2010.jpg

AD VITAM

La Libre Belgique_14 nov 2010.jpg

La libre Belgique, 14 novembre 2010


Carlotta Sagna sur le fil du rasoir

JEAN-MARIE WYNANTS
vendredi 12 novembre 2010, 09:55

Sur le grand plateau nu du théâtre des Tanneurs, une femme danse, répétant les mêmes mouvements un peu bruts, un peu gauches. Une femme danse mais ce pourrait aussi bien être un homme. Rien dans ses gestes ne l'associe à un sexe, à un âge, à une culture.

Ses mouvements étranges sont la seule chose qui la singularise. Comme si le corps se cherchait, tentait de trouver sa place dans l'espace, dans le monde. Très vite, les mots viennent épauler les gestes. Une cascade de mots qui n'ont rien à voir avec la savante magie du théâtre ou de la poésie. Comme les gestes, les mots s'entrechoquent, les idées se bousculent, complexes et dépouillées à la fois. Insaisissable, le personnage qui se trouve là devant nous s'interroge sur le monde dans lequel nous vivons, sur le vrai et le faux, sur le rapport aux autres, sur la folie…

« Je suis tombée sur une définition qui me plaît beaucoup, explique-t-elle : les hommes qui ont du mal à vivre (jusqu'à être incapable de vivre) dans notre société, sont les artistes et les psychotiques. Quand on dit à un artiste : “Tu es fou”, c'est indéniablement un compliment. »

Sur le fil du rasoir, en équilibre précaire entre la lucidité extrême et la folie, elle fait surgir devant nous cette fragilité que l'on s'emploie généralement à masquer, à dompter, à nier.

Jamais elle ne danse ou ne joue la folie. Son Ad Vitam n'a rien d'un spectacle documentaire ou voyeuriste. C'est quelque chose de plus profond, de plus instable, de plus vulnérable. Une pulsion de vie qui ne se contente pas de la norme mais prend le risque de dépasser les limites, de sortir des règles et de frôler cet étrange état que l'on nomme folie et qui n'est peut-être rien d'autre que la vie.

lesoir.be


« Ad Vitam »: Un choc existentiel.

Mardi 9 novembre 2010

Avec Ad Vitam, Carlotta Sagna signe un objet d’art mi-dansant, mi-parlant, qui exprime un malaise vital avec une infinie délicatesse.

Le monde des sœurs Sagna (Carlotta et Caterina associées en une compagnie homonyme) émeut par sa simplicité et son évidence. Pas un atome de rhétorique « latine » dans le bref  solo (50mn) où Carlotta prend le risque d’associer aussi sa mère Anna. Un texte commun d’une densité rare où la danse prolonge la parole à moins qu’elle ne l’annonce ou ne s’y enroule.

Je crains souvent  le mélange danse et parole, danse et théâtre et ici, miracle de Ad Vitam, la nécessité de ce spectacle fait qu’on ne se pose même plus la question de son genre (théâtre ou danse).C’est une douleur existentielle dont accouche progressivement l’interprète avec les moyens du bord, une parole nue, un corps fragile et fort, capable d’exprimer par quelques gestes rares mais d’autant plus expressifs, une question fondamentale :qui est normal, qui est fou, où placer la limite du beau et du laid, de la vérité et de la norme, qui est « intégré » à une société et au prix de quelle infinie douleur ? Tout ça, qui pourrait faire l’objet de quelques traités de philosophie, nous est donné en quelques minutes de questions sans autre réponse que cette création sensible, cette parole grave, parfois désespérée, au bord d’un gouffre, où nous pouvons tous sombrer. « Le précipice est à la portée de tous, la vie nous en fait frôler le bord à plusieurs reprises, faire le pas et y tomber n’est qu’une petite faiblesse »Tout l’art de Carlotta Sagna est de nous livrer l’épure d’une crise intime violente, existentielle, avec la beauté d’une voix  à l’élocution parfaite, concentrée, l’expressivité d’un visage douloureux ou serein et les ellipses  d’un corps qu’on sent capable d’une folle éloquence de gestes et qui s’efforce à la maîtrise du mouvement. Face à nos habitudes  d’excès baroques ou de profusions rhétoriques, un petit ovni délicieux nous éveille à l’essentiel, comme une minuscule et bienvenue piqûre d’épingle, qui rappelle la douleur et la beauté de vivre.

Christian Jade. (RTBF.be)

Agenda_ 5 au 11 nov 2010.jpg

«Ad vitam», une femme sous influence 

Médiapart Journal 
Article publié le mercredi 05 mai 2010

Elle entre sur le plateau nu, cadré par les pendrillons noirs. Une sonate au lointain, elle tangue dans unmouvement extrêmement précis, balance ses longues jambes autour de son corps et se redresse, fragile, au bord du gouffre. Elle tire un peu sa chemise grise sur son pantalon, se pose au milieu de la scène bras tendus le long du corps, et entame un monologue.
Elle dit son admiration pour les gens qui réfléchissent, ceux qui prennent leur tête dans les mains et décident. Elle dit que sa tête est vide, qu’elle n’est guidée que par les choix d’autrui. Comment est-on un être sociable ? Quelle est la bonne distance ? Elle remarque que chez le boulanger, elle sait la trouver, elle n’est peut être pas si folle. Pour elle, le quotidien n’est pas une évidence comme pour d’autre. A partir de quel moment est-on considéré comme suffisamment psychotique pour se permettre de rire à l’entretien avec le psychiatre ? Une grimace se transforme en sourire, la bouche s’ouvre comme dans un cri pour dire tout les mots qui commencent par A, Anna, ahuri, abandon, arbre...Ad vitam aeternam. Elle engage une danse qui toujours avorte, coups de pieds au savoir-faire .Elle, c’est Carlotta Sagna, danseuse- actrice qu’ on l’a vu dans les spectacles de la Need Company et depuis quelques années qu’ on la découvre en solo. Ad Vitam, c’est un texte qu’elle a écrit, un solo qu’elle a composé. Elle y questionne
la place sociale, « J’ai vu un slogan pour un produit de consommation...
pour les hommes qui savent vivre . Et je me suis dit, Et les autres ? » Les inadaptés sociaux sont les artistes et les fous, Carlotta est une artiste et elle entre dans la peau d’une schizophrène.
Ne trouvant pas d’autre adversaire qu’elle même, elle boxe son propre visage, la violence du coup et la douceur infinie du relâchement.
C’est déjà la fin, Carlotta Sagna se balance un dernier uppercut et nous laisse KO, tandis que de derrière les rideaux le son grésille « you are crazy, you are crazy ».

Les Inrock mai 2010.jpg
AD_telerama_28042010.jpg
Interview italien dec09.jpg

La Repubblica,
Décembre 2009


Carlotta Sagna, folle à nous lier.

Dimanche 6 décembre 2009

Elle est là et nos quelques repères sur la distinction supposée entre théâtre et danse volent en éclats. D’avoir longtemps séparé les disciplines par rationalisme abrutissant, elle nous (re)vient pour recoller les morceaux. Sur cette scène qui nous apparaît immense, elle abat les cloisons et créée une porosité entre les langages, devenue le temps d’une pièce, un trésor poétique, un moment subversif immatériel alors que tout s’achète au dehors. Ce soir,Carlotta Sagna, est notre « fou » pour que nous retrouvions la raison de ne pas céder aux sirènes des classifications abêtissantes. 
Alors qu’elle surgit des coulisses à l’image du poète que l’on aurait tort d’avoir autant isolé voire rejeté, elle danse sur une scène dépourvue de décor à l’exception de sa chemise, où une broderie inquiétante et intrigante parcours son épaule tel un tatouage pour finir sur sa poitrine. Elle a un beau pantalon noir et des chaussures marron. Pourquoi donc s’attacher à ces détails ? Parce qu’elle est d’une élégance profonde, celle qui vous accueille avec respect, où la beauté s’incarne dans la douceur supposée d’un tissu comme une porte ouverte vers le chaos du dedans. Carlotta Sagna est belle. Profondément. Au moment même où le laid, le superficiel, s’immisce dans le discours politique sur la différence. 
Elle porte son propos sur la folie du sensible et métamorphose son corps en surface de divagation pour que nous puissions nous perdre un peu. Alors qu’elle évoque sa différence et nos rationalismes qui l’enferment un peu plus, ses mains sculptent son corps à travers le tissu et transforme notre regard de spectateur pour aller au-delà des apparences. Parce ce qu’elle est « juste pas assez psychotique pour pouvoir rire quand elle veut ! », elle prend soin de sa danse pour ne pas la caricaturer.  Tandis qu’elle répète inlassablement des mots de son dictionnaire intérieur callé à la lettre « a », on devine à travers son visage étiré et déformé, comment notre société normative fait crier le corps à partir d’une violence du quotidien que l’on ne voit même plus. 
Cette femme, douce et intranquille, nous parle du contrôle du comportement que nous lui imposons au moment même où nous découvrons comment le corps et les mots moulés dans des prêts à penser effrayants (dans l’entreprise, au sein même des familles, dans les réseaux sociaux) conduisent à la mort. 
Seule sur scène, elle danse nos désarticulations pour opérer la rencontre : elle et nous, sommes fait de la même matière, celle du sensible, du beau, du chaos, d’histoires enchevêtrées dont nous seuls avons une partie du secret qui les relie. Elle remonte ses bras vers sa poitrine, les écarte, ouvre ses mains, et le corps poétique gagne la bataille contre la norme. Elle nous encercle, nous enrôle, nous ensorcelle, disparaît, revient puis la lumière se fait hypnotique, où l’on ne perçoit plus le noir, du blanc, mais une couleur : celle d’une rencontre, unique, implacable, « incasable », inoubliable. 
Avec « Ad Vitam », les disciplines s’unissent par la magie de l’écrivain qui danse. Jusqu’à preuve du contraire, aucun rationalisme n’en viendra à bout. Même le plus fou.

Pascal Bély – www.festivalier.net

aganda130309.jpg
carlotta monde_directmatin_270209.JPG
carlotta huma 27 janv 09.jpg

Tourlourou

Bologne_TRL_LaRepubblica_dec2009.jpg

A

The New York Times_vendredi 3 octobre 2003.jpg

Carlotta Sagna 
'A' 
by Jenai Cutcher 
October 3, 2003 -- The Kitchen, New York, NY 
Like any performer, dancers express deep aspects of themselves and inhabit a risky state of vulnerability every time they step in front of an audience. Choreographer and director Carlotta Sagna, along with fellow dancers Lisa Gunstone and Antoine Effroy, actually do it twiceover; they are performers baring their souls playing performers baring their souls. In “A,” the evening-length work in which Gunstone and Effroy play the “performers” and Sagna the “director,” the trio dance, converse, deliver monologues, observe, change costumes, describe the non-existent lighting changes, and more. Some might refer to these activities as acting, but the word does not apply here-- they were too comfortable. 

Perhaps much of the material was rooted in reality, perhaps not. But it was so unpretentious-- so un-“performance”-- for all I knew or cared, it was the truth. It was in that moment, anyway, because it was universal and accessible to all. Although Lisa and Antoine deal specifically with performance anxiety, the need for attention, and the desire to be liked by the audience, their root is the common struggle for self-expression that everyone experiences. 

Lisa relates an intense tale of miscommunication, incorporating more and more upper body gestures until it’s the movement that shouts as her voice subsides. Carlotta and Antoine shower her profusely with praise, gushing over her tremendous talent. 

The beautifully seamless blend of text and movement in this initial segment is lost somewhere in the middle of the piece. Scenes remain equally captivating and exhibitive of the performers’ ranges but become too predictably delineated and settle into a formula of speaking, then dancing, then speaking, then dancing. 

Maybe it’s this pattern that makes the “Summertime” scene all the more poignant. Antoine stands in the bare space, completely present, open, vulnerable. Moments earlier, Lisa had done the same, beseeching someone to please, just talk to her. Antoine trumps this request with “Would anyone like to marry me?” His calm, sweetly boyish rationale makes you want to consider it. He sustains this demeanor even as Lisa joins him, intermittently crying and clinging to him. He begins humming “Summertime,” eyes still twinkling at the audience, patiently accommodating Lisa’s sobs and awkward positions. He carries her through space as she carries him through the tune, feeding him the words between fits of tears. 

With their ease in transitions and comfort with each other and themselves, these performers create an overall tone to the piece that is equivalent to Yvonne Rainer’s pedestrian movement. The influence of Trio A on this piece is observed, but not entirely understood. What is recognizable in both choreographers, however, is an earnest quest for the absolute truth of the matter through the mediums particular to their own sensibilities. Carlotta Sagna’s capacity to find it and present it effectively is a promising element in a post-post-modern dance world still trying to discover its own truths. 
Edited by Lori Ibay

www.criticaldance.com
Time Out New Yok_ 2-9 octobre 2003.jpg
Agenda_ 28 mars-3 avril 2003.jpg
Ouest-France_vendredi 21 fevrier 2003 copie.jpg
Les Inrock_ 22-28 janvier 2003.jpg
Danser_dec2002.jpg