Tourlourou

Création 2004

Une pièce de Carlotta Sagna



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© C & C Sagna



Chorégraphie et texte Carlotta Sagna 
Interprété par Satchie Noro 
Lumière  Philippe Gladieux 
Costume  Carlotta Sagna, réalisé par  Dorothée Merg et Alexandra Bertaut
Administration et diffusion Bureau Cassiopée

Production déléguée Association Al Dente
Coproduction «Sujet à vif» SACD/Festival d’Avignon 
Avec le soutien de NEEDCOMPANY  et Théâtre de la Bastille 
Remerciements au Ballett Frankfurt

La Compagnie Caterina & Carlotta SAGNA est soutenue par la DRAC Ile-de-France, Ministère de la Culture et de la Communication, au titre de l’aide à la compagnie conventionnée.

Caterina et Carlotta Sagna sont artistes en résidence à Pôle sud, scène conventionnée pour la danse et la musique - Strasbourg pour l'année 2012.

Durée 25 minutes



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(…) ”Tu sais avec certitude que tu vas mourir demain”.

Sur scène, le compte à rebours est programmé, la minuterie est enclenchée. Au garde à vous, puis lentement, forcément, ouverture à la première position, la danseuse, figurine remontée sur une boite mécanique, va marquer le passage du temps avec son corps et par la droite, telles les aiguilles, nous précipiter avec elle dans l’explosion.

Tourlourou, le titre de la pièce, est un mot qui danse, turlututu. Il fut donné aux antillais venus combattre et mourir dans nos tranchées. La chorégraphe Carlotta Sagna décrit sa pièce comme “un véritable hymne à l’interprète, crescendo tragique qui mène de l’exercice militaire au cri du coeur”. Les laborieux et répétitifs tendus à la seconde du début s’achèvent par une ultime caresse sur le sol, “montée d’émotion d’une condamnée à mort”.

Il y a beaucoup de brio et de force dans l’interprétation. Mais, au-delà de cet hommage à la danseuse, exposée en vaillante et facétieuse petite soldate au service de notre plaisir de regardeur-voyeur, Carlotta Sagna construit avec une grande habileté dramaturgique une pièce sous tension. Danse, parole, rythme et humeur varient sans cesse et se répondent.

La danseuse-kamikaze porte en elle les effets collatéraux de la danse : toucher le corps de l’autre plutôt que son regard. Nous n’en sortirons pas indemnes. “Dans 10 minutes je ne suis plus” scande la danseuse. Le temps est compté, et quand elle quitte la scène, son départ retentit comme une explosion et blesse nos corps, effet, pour le coup, de longue portée.

Pour ces bonnes raisons, c’est une pièce courte .

Aude Lavigne



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